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05.10.2006

Le design automobile mis à nu

medium_IMG_0154.JPGLe design, toutes les marques le montrent à l’envi sur des écrans défilants ou des postes interactifs. Au Mondial 2006, General Motors a voulu le décrire de l’intérieur, in vivo, c’est-à-dire de la main, du crayon des dessinateurs avec un stand dédié, “Live Design”.

Une initiative pertinente car la majeure partie des visiteurs qui connaissent superficiellement le design ont une double méconnaissance, relèvent les membres de la société suisse Protoscar à laquelle GM fait appel pour dessiner certaines pièces des véhicules - par exemple « certains détails » périphériques du volant du concept-car d’Opel TriXX, en vedette sur le stand du constructeur allemand - et qu’elle a chargée d’animer “Live Design”.

« D’une part, souligne Pietro Defrancisci, les jeunes qui veulent faire du design pensent que tout ne se fait aujourd’hui qu’avec des ordinateurs, des logiciels et de la 3D. Or, la toute première étape commence par des croquis à la main et des crayons de couleur. » La preuve en est donnée sur le stand puisque les dessinateurs ébauchent à main levée devant les visiteurs des projets de voitures de série ou de prototypes. Ce n’est qu’une fois cette phase de création « totalement libre » achevée que le studio reçoit le “packaging’, c’est-à-dire l’ensemble des caractéristiques précises du modèle et ses contraintes. C’est à ce stade qu’intervient la modélisation en 3D qui elle-même aboutira aux maquettes physiques à l’échelle 1/4, autant de maquettes que de solutions proposées par les designers admis à plancher sur le modèle : « On peut enfin toucher ce que nous créons, poursuit Pietro. C’est très important pour nous d’avoir des repères réels ». Au final, une seule proposition sera retenue et reproduite en une maquette grandeur nature.

medium_IMG_0151.JPG« La deuxième erreur ou méconnaissance des visiteurs ordinaires est de penser que le design se résume au dessin, ajoute Alessandro de Guglielmo. Le dessin est l’outil qui permet de donner forme à une idée ; il n’est qu’un élément de notre action qui en compte plusieurs.» Le designer brosse à grands traits sur une feuille blanche la galaxie fondatrice d’un modèle ou d’une nouvelle version. Les paramètres à prendre en compte sont au minimum cinq. Le marketing : « Il faut imaginer un objet qui doit répondre à une marché ». L’aérodynamisme : « Nous avons des notions de base mais nous faisons appels aux experts pour les détails ». La science des matériaux : « Nous devons avoir une idée de ce que nous allons suggérer, des alliages afin de ne pas faire de propositions d’utilisation qui seraient refusées pour des raisons de conformité, de sécurité ou de coût ». L’ergonomie : « Il faut respecter les caractéristiques du corps humain. Il n’y a pas si longtemps, des commandes d’autoradio étaient placées dans la partie basse de l’habitacle ; leur manipulation obligeait le conducteur à quitter trop longtemps la route du regard. Les designers ont travaillé à corriger cela ». Enfin, la législation routière : « Un des grands enjeux actuels est la sécurité du piéton pour laquelle les normes se durcissent. Tout véhicule doit désormais présenter un espace d’au moins dix centimètres entre le capot et le moteur afin d’avoir une aire d’absorption du choc ».

Une leçon de choses à laquelle tous les visiteurs de “Live Design” n’ont pas le droit, simplement parce que leur soif de connaissances ne va pas jusque là. Que demandent-ils alors ? La première question, surtout des jeunes, est, sans surprise, « Comment peut-on devenir designer ? » relèvent en chœur les stylistes de Protoscar. Suivent les questions sur les techniques : « Avec quel outil dessine-t-on en perspective ? », etc.

Joseph Gicquel

GM Forum, “Live Design”, Hall 5/2 22

15:45 Publié dans Scoops | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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